Pourquoi pratiquer le Koshiki Karaté ?

L’ époque est au syncrétisme à défaut d’ être véritablement innovante. Il en est de même dans les sports de combat. Le MMA, acronyme pour les arts martiaux mixtes, en est une parfaite illustration. La rencontre entre deux protagonistes venant de styles ou d’ écoles différentes se confrontant avec le moins de règles possibles existait déjà à  l’époque  du « Kenpô Ryu Kyu » ou TODE, ancêtre du karaté japonais. Les « henshus » ou défis entre les écoles,  n’ étaient pas rares à la fin du 19ieme Siècle à Okinawa où les combats se finissaient par « soumissions » au sol ou debout par l’ un des protagonistes souvent blessé.   Tout comme il était possible d’assister à la confrontation entre boxeur, lutteur, karatéka et jujitsu ka dans le Japon ouvert à l’ Occident de l’entre deux guerres. La seule nouveauté du MMA a été de transformer ces rencontres très confidentielles en véritable shows médiatiques jusqu’ à se présenter aujourd’hui comme une discipline à part entière avec   ses entraînements spécifiques à fortes valeurs athlétiques indéniables (mais narcissiques),  et son « folklore moderne »  ( la pesée, l’entrée scénarisée des combattants, la cage, les mitaines ) que les jeunes semblent rechercher.

Le MMA comme nouveau sport de combat,  est le signe d’ un changement anthropologique qui traverse toutes les sociétés modernes et leur rapport “spectaculaire” à la violence et touche de plein fouet ma discipline : le karaté. C’ est un phénomène social et donc un fait. Cependant il y a méprise lorsqu’on dénigre le karaté face au MMA., Car même si le discours sur l’ authenticité et le caractère traditionnel du karaté dissimule souvent une pauvreté argumentaire face à la question de l’ efficacité, il a le mérite de définir le karaté non comme un sport de combat mais un art martial traditionnel. Et traditionnellement dans cet art particulier, il y a des moments dédiés à l’ évaluation de la progression du pratiquant dans son approche du combat à travers les kumités, le shobu ippon (qui n’est pas l’escrime pieds-poings que l’on voit aujourd’hui) mais aussi durant l’épreuve ultime du « bogu jyu kumité » que l’on trouve dans les « jissens karaté » (karaté au KO à frappes réelles) comme le kyokushinkai, le shidokan, le seidokaikan, le byakuren, le kudo, et certains kenpôs à l’instar du Bugeikan. Tous ces “jissens karaté” ont fini par mettre en place des règles spécifiques, plus ou moins contraignantes, pour éviter de nuire le moins possible à l’intégrité physique des combattants : absence de coups à la face du visage et au dos, pas de luxation et aucune amenée au sol au kyokushin et byakuren ;  absence de coups à la face aux kenpôs n’utilisant pas de protection ; adoption de protections à base de gants de boxe au shidokan et certains kenpôs etc…Cependant,  pour maintenir le bogu jyu kumité sans en sortir blessé , il existe une solution  où les protections ne sont ni un appendice fun, ni un artifice sécurisant comme les gants de boxes  et chaussons moussés, contraire à l’esprit du karaté privilégiant aussi le travail avec les mains ouvertes et hors d’un ring. Cette solution est  le Koshiki Karaté dont le Kudo a emprunté le “Safe Headgear” (Casque à bulle). Le Koshiki n’est donc pas un “style” de karaté mais une approche qui renoue, grâce à ses protections, avec la tradition de l’épreuve ultime du bogu jyu kumité.

  • Pascal OUALI -17/07/2023-

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